Ce qui pousse les archetiers et archetières à reboiser

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Plants, source: IPCI

L’exportation de «bois rouge» en provenance d’Inde, de Sumatra et de Ceylan vers l’Europe remonte au Moyen Âge. Dès le XVIe s., on leur a préféré le «pau-brasil» que l’on faisait venir en blocs et en grandes quantités par bateau comme du bois tinctorial. Le bois de pernambouc était cependant demandé aussi pour la construction, le tournage sur bois, la fabrication de meubles haut de gamme et l’archèterie. Son excellent rapport poids/flexibilité/solidité font de lui un bois qui, de nos jours encore, n’a pas d’égal aux yeux des archetiers.

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Plant, source: IPCI

L’exploitation précoce du pernambouc a conduit à l’anéantissement de vastes zones forestières le long des côtes atlantiques du Brésil, et à décimer presque complètement l’espèce qui est aujourd’hui protégée. Caesalpinia echinata figure sur la liste rouge des espèces en danger de l’IUCN (International Union for Conservation of Nature and Natural Resources) depuis 1988. Le bois est également protégé par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES). Depuis 1992, il figure sur la liste des espèces végétales menacées du Brésil établie par l'IBAMA (Institut brésilien de l'environnement et des ressources naturelles renouvelables).

En 2004, 250 archetiers ont rejoint l’initiative internationale IPCI (International Pernambuco Conservation Initiative). Son objectif: sauver le bois de pernambouc en reboisant et garantir durablement la disponibilité de ce bois très prisé. En collaboration avec des organisations et des paysans locaux, un projet prévoyant la plantation de 250 000 jeunes arbres a pu être mis sur pied. Une culture mixte – avec des cacaoyers – a été retenue pour que les exploitants agricoles puissent percevoir des revenus. Dans quelques années à peine, l’effectif des plantations aura déjà dépassé la quantité d’arbres que l’on a abattus depuis le XVIIIe s. pour l’archèterie.