De l’archaïque jusqu’à l’empreinte d’un style

À Brescia la lutherie s’est développée au milieu du XVIe s., soit à peu près en même temps que dans la ville, pas si lointaine, de Crémone.
Des luthiers tels que Michelli et Peregrino Zanetto (env. de 1520 à 1603), Gasparo Bertolotti «da Salò» (1540-1609) ou, un peu plus tard, Giovanni Paolo Maggini (1580-1630) fabriquent alors des instruments qui se distinguent fortement des pièces crémonaises tant par leur stye que par leur construction. Initialement, la méthode de construction sur un moule intérieur établie à Crémone n’est pas connue à Brescia. Les Brescians «emboîtent» encore les pièces sur le fond taillé, comme c’est également l’usage à cette époque au nord des Alpes.

La construction archaïque de bon nombre d’instruments brescians n’en est cependant pas moins caractérisque d’un style singulier que celle des maîtres crémonais qui s’attachent à un style emprunt de minutie avec force détails. Il est ainsi fréquent que des luthiers anglais du XVIIe s. trouvent l’inspiration sur des modèles de Brescia. Même Giuseppe Bartolomeo Guarneri «del Gesu» (1698-1744), l’un des plus grands maîtres de Crémone, a manifestement été influencé par le style de Gasparo da Salò et de Maggini.
La peste de 1630, dont sera également victime Giovanni Paolo Maggini, scelle le destin prématuré de l’ère bresciane,
et ce n’est qu’en 1664 que la tradition de la lutherie vivra une renaissance avec l’arrivée de Giovanni Battista Rogeri (1642-1705), ancien élève de Nicolo Amati à Crémone.
