Des instruments en «promotion»!?

En 1882, le commerçant de violons parisien Georges Chanot fut accusé d’avoir collé une étiquette du luthier crémonais Carlo Bergonzi à l’intérieur d’un violon de moindre valeur, dans le but de vendre l’instrument au-dessus de son prix. Pour sa défense, il expliqua avoir agi selon les usages en vigueur dans sa branche. Cela n’a pas suffi à convaincre le tribunal.

 

Étiquettes de contrefaçon

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Étiquette Petrus Guarnerius d’origine, 1734

L’étiquette figurant à l’intérieur d’un instrument fournit des renseignements sur son fabricant et son millésime. L’étiquette d’un instrument est son certificat officiel.

On ne compte plus les cas où des commerçants et des luthiers ont «fait la promotion» d’instruments de moindre valeur en y collant des étiquettes contrefaites ou retirées d’autres instruments.

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Étiquette mise sous séquestre (procès H. Werro, 1951)

Les étiquettes d’origine ne se distinguent parfois de leurs contrefaçons que par des techniques d’impression ou des qualités de papier différentes. Ainsi, le papier fabriqué après 1850 affiche une fluorescence ultraviolette différente de celle arborée par le papier ancien. Ce phénomène est dû à la part de bois que contient le premier, alors que le second se compose essentiellement de chiffons ou, en d’autres termes, de fibres textiles.

 

Toutes pièces d’origine?!
Instruments assemblés

Un autre moyen de rehausser la valeur d’un instrument consiste à réassembler entre elles des pièces d’origine récupérées isolément. Ainsi, un instrument construit à partir de plusieurs instruments dont seuls certaines pièces étaient désignées comme d’origine a été proposé sous l’appellation «toutes pièces d’origine».

 

Copies ou contrefaçon?
Sur le fil entre intention frauduleuse et légalité, il nous faut encore évoquer l’ouvrage de certains copistes. Au XIXe s., les frères William et Alfred Voller réalisèrent d’excellentes copies d’anciens modèles italiens qui parvinrent dans le commerce en tant que tels.